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De façon générale, l’exobiologie a pour objet l’étude de la vie dans l’univers. Plus précisément, elle inclut l’étude des conditions et des processus qui ont permis l’émergence du vivant sur notre planète, et ont pu ou pourraient le permettre ailleurs, l’étude de l’évolution de la matière organique vers des structures complexes dans l’univers, et les recherches qui concernent la distribution de la vie sous toutes les formes qu’elle pourrait revêtir, et son évolution.

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Il s’agit d’un vaste domaine thématique. Ce domaine a émergé en tant que tel avec le développement de l’exploration spatiale et se trouve étroitement lié à l’ et l’astrophysique, mais aussi bien sûr aux sciences de la vie. En effet la recherche in situ est la voie la plus évidente. Accessible depuis peu avec le développement des moyens technologiques, elle a été le catalyseur qui a favorisé le rapprochement entre les multiples programmes qui participent aujourd’hui au domaine de l’exobiologie. Ceux-ci font appel à des disciplines scientifiques très diverses, depuis l’étude des origines et de l’évolution de la vie sur Terre et de sa dépendance des conditions environnementales, jusqu’à celle des structures moléculaires et des mécanismes chimiques associés, y compris au voisinage d’autres étoiles.
Toutes ces approches bénéficient elles aussi des progrès technologiques et franchissent ou sont sur le point de franchir un saut qualitatif. Mais, simultanément, leur développement a déjà permis des découvertes qui sont venues enrichir la discipline propre de ces recherches, que ce soit dans le domaine de la , de la ou des sciences de l’univers.

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La Société Française d’Exobiologie a été fondée le 15/05/2009 et a pour buts principaux :

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La Société Française d’Exobiologie est affiliée au Nasa Astrobiology Institute.


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Voici quelques éléments de réponse à vos questions….

La première chose à savoir c’est que le terme exobiologie (ou astrobiologie) regroupe un grand éventail de spécialités : il y a des astronomes qui font des observations (ils ont souvent une formation de physiciens), des chimistes qui interprètent ces observations ou bien font des expériences de simulation en laboratoire pour comprendre les mécanismes chimiques qui ont permis l’apparition de la vie sur Terre, et passé un certain stade de complexité moléculaire, on passe de la à la biochimie. Il y a aussi des géologues qui par exemple cherchent les plus anciennes traces de vie sur Terre, ou encore étudient la possibilité de l’existence passée d’un océan sur Mars en étudiant le relief présent de la planète et la composition des roches en surface, tandis que des microbiologistes s’intéressent à caractériser la vie sous toutes ses formes et en particulier les environnements dans laquelle elle est capable de se développer, et étudient les conditions limites dans lesquelles la vie a pu s’adapter. En fait, on n’est pas exobiologiste, mais chercheur avec une spécialité, dont le champ d’application en recherche relève de l’exobiologie.

Travailler pour l’exobiologie peut se décliner de la façon suivante :

En tant que chercheur :

Il est possible d’étudier la , la chimie, la , l’, la physique, la microbiologie etc. La science est fondamentale et relativement neutre. C’est l’objet auquel on applique telle ou telle étude qui détermine le caractère exobiologique de cette activité. Il n’y a pas de voie simple et royale. La plupart des laboratoires sont spécialisés en planétologie ou en géologie et font de l’exobiologie à l’occasion d’une découverte ou d’une mission. Certains chercheurs y travaillent depuis quelques dizaines d’années. Quelle que soit l’orientation que prennent les études universitaires, c’est le laboratoire où se fait la thèse ou les études post-doctorales qui donnent une orientation à la carrière et la couleur exobiologique à l’activité scientifique que vous menez.

Il n’y a donc pas de voie unique qui mène à l’exobiologie. Il vous revient de choisir une orientation et un type d’études qui puissent vous y conduire en saisissant les opportunités qui se présentent ou que vous saurez créer. Comme tous les domaines spécialisés cela demande du travail et de la persévérance. Les études scientifiques sont surement un atout, mais des journalistes ou des auteurs peuvent aussi contribuer par leurs productions d’œuvres de l’esprit (roman, films, articles…) à l’exobiologie et y trouver une terrain de satisfaction personnelle.

En tant qu’ingénieur :

Certains laboratoires et quelques industriels conçoivent et fabriquent en France et en Europe de l’instrumentation pour l’exobiologie. En ce qui concerne les laboratoires, ils fabriquent des instruments indifféremment pour la planétologie ou pour l’exobiologie. Par exemple, pour détecter et caractériser des exoplanètes ils doivent faire des instruments astronomiques comme des télescopes (spatiaux ou non).

Tous les corps de métiers sont mis à contribution: conception générale, mécanique, optique, thermique, radiocommunication, traitement du signal, traitement de l’image, programmation, spécialiste des matériaux etc.

Il n’y a pas vraiment au départ une spécialisation Exobiologique ou Planétologique. C’est en cours de formation que par une bourse de Docteur ingénieur ou autre on se retrouve dans un laboratoire spécialisé ou chez un industriel impliqué. Il ne faut cependant pas se faire trop d’illusions : il est difficile de penser que l’on fera ses 30 ans de carrière dans ce seul domaine. Il est possible d’y débuter, d’y passer car une opportunité se présente ou d’y entrer après avoir acquis expérience et connaissance au cours d’une vie professionnelle conséquente.

Dans tous les cas, une formation scientifique est un plus, et pour travailler dans le domaine scientifique ou le monde de l’ingénierie, l’anglais ne doit plus être pour vous une langue étrangère.  La qualité de votre expression française est aussi un gage de succès tant dans vos activités étudiantes ou plus tard dans les activités de vulgarisation que vous ne manquerez pas de mener quelle que soit votre activité dans cette discipline passionnante.


Voici quelques témoignages dont certains proviennent du site de Michel Babin :

François Raulin : L’exobiologie est un très vaste domaine dont les approches peuvent faire appel à des disciplines très variées, allant de l’astrophysique aux sciences biologiques et même aux sciences humaines. Un jeune passionné d’Exobiologie doit choisir parmi toutes ces approches celle qui correspond le mieux à ses gouts, à sa formation initiale déjà acquise et à ses capacités. Par exemple, après une licence à dominante Biologie, il me semble très difficile de suivre une filière de 2e cycle donnant accès à un master d’astrophysique, qui est une des disciplines de l’exobiologie en France. En revanche, il est possible de suivre un 2e cycle de biochimie ou de chimie en poursuivant sur une formation de master à dominante bio ou chimie incluant des aspects exobiologiques. Le Master Sciences et Génie de l’Environnement (UPD, UPEC, ENPC) en spécialité Air-recherche a pour thématique principale l’environnement terrestre. Il recrute surtout des chimistes (et quelques physiciens) et comprend des enseignements optionnels de planétologie/exobiogie en première et seconde année. Il forme 1 à 2 futurs thésards exobiologistes (au sens large) par an.

André Brack : L’exobiologie est une discipline très pluridisciplinaire qui va de l’astronomie à la biologie en passant par l’astrophysique, la planétologie, la géologie, la géochimie, la paléontologie, la minéralogie, la chimie et la biochimie. Actuellement, il n’y a pas de formation universitaire qui traite tous ces sujets sur un même site. Aussi est-il nécessaire de choisir une des filières suivantes en fonction de ses affinités :

  • les mathématiques et la physique, si l’on vise astronomie,astrophysique, planétologie
  • la géologie/minéralogie, si l’on vise l’étude de la vie fossile sur Terre et dans le système solaire
  • la chimie, si l’on vise la chimie de l’ et la chimie planétaire
  • la biologie, si l’on vise l’étude de la vie terrestre dans les milieux extrêmes, la recherche d’un ancêtre bactérien commun, la vie dans l’espace.

La spécialisation “exobiologique” ne pouvant se faire qu’en fin de cursus universitaire, dans l’état actuel des enseignements.

Stéphane Hourdez : J’ai suivi un de ces cours d’exobiologie co-organisés par la NASA à Pennsylvania State University. Ca s’appelle Origine et évolution de la vie sur Terre … et sur d’autres planètes. On se base sur ce qu’on connait de la vie sur Terre et essaie d’envisager les possibilités sur d’autres planètes (comment détecter la vie et l’identifier). Ce qu’il en ressort est … qu’il n’y pas de formation spécifique à suivre !! L’exobiologie regroupe de nombreuses sciences que personne n’est capable de maitriser totalement à la fois. Il faut donc faire des choix : astrophysique, chimie, géologie, bactériologie, biologie (orientée environnements extrêmes), évolution moléculaire, paléontologie, etc … La formation de base est la même que pour n’importe qui d’autre. Il faut ensuite s’orienter vers des domaines d’exobiologie : recherche de planètes, chimie de l’origine de la vie, adaptations aux milieux extrêmes, métabolisme bactérien, évolution des organismes, etc …

Hervé Cottin (www) : Après un bac scientifique, j’ai obtenu l’équivalent actuel d’une licence de chimie, puis maitrise de chimie et un DEA de chimie de la pollution atmosphérique (qui comprend une option planétologie/exobiologie, cette formation est devenue le master SGE). Ainsi j’ai une formation de base en chimie de l’atmosphère. J’ai ensuite fait une thèse sur la chimie organique des comètes et après un an passé à travailler dans un laboratoire d’astrochimie à la Nasa aux USA, j’ai été recruté à l’Université Paris Est Créteil pour enseigner la chimie. En parallèle de mon travail d’enseignement, je travaille dans un laboratoire de recherche, toujours sur la chimie organique des comètes et du milieu interstellaire, ce qui entre dans le cadre de l’exobiologie car les comètes ont pu jouer un rôle dans l’origine de la vie sur Terre.

Céline Brochier (www) : Pour ce qui concerne la biologie, on peut dire que tous les chemins peuvent mener à l’exobiologie. Après une licence de biologie ou SVT, l’idéal est de suivre un master incluant les 3 fondamentaux suivants :
1) Evolution & phylogénie, car on ne peut pas comprendre et étudier l’apparition de la vie sans connaître les mécanismes qui sous-tendent l’évolution et les grandes étapes qui ont jalonné l’histoire de la vie sur terre.
2) Bioinformatique & génomique pour l’analyse des données biologiques.
3) Mathématiques & Statistiques.

Ces fondamentaux peuvent être proposés par différents masters de biologie, et donc s’inscrire dans des cursus de :

A)
Microbiologie : pour comprendre le fonctionnement et la diversité des communautés microbiennes ainsi que leurs interactions avec l’environnement.
B) Biochimie/Chimie : pour essayer de comprendre et de retracer l’émergence de la vie et les étapes ayant précédé l’apparition des cellules modernes.
C) Biologie cellulaire/Biologie moléculaire : pour comprendre comment a pu se produire l’émergence des premières cellules et des processus cellulaires.
D) Biologie évolutive : pour essayer de retracer et de modéliser l’histoire de la vie sur terre en se basant sur l’étude des organismes actuels. Ces formations intègrent en général les trois fondamentaux mentionnés précédemment.

Un biologiste intéressé par l’exobiologie pourra donc, en fonction de ses centres d’intérêt, s’orienter vers ces quatre types de masters, du moment que que l’offre dans les disciplines fondamentales mentionnées précédemment soit suffisante. Une orientation vers l’exobiologie se fera ensuite au travers des stages suivis.


Quelques témoignages de parcours de chercheurs en PODCAST sont disponibles sur le site de Ciel et Espace.
Et notamment concernant l’exobiologie :

En conclusion, il faut démarrer par des études de sciences générales, choisir la discipline qui vous intéresse le plus, puis au moment du master (lors du choix d’un stage), s’orienter vers l’exobiologie pour faire une thèse sur le sujet. Mais beaucoup de chercheurs rejoignent l’exobiologie bien après leur thèse…

Les débouchés sont donc principalement dans la recherche publique (CNRS, Université), car on peut facilement imaginer qu’il y a peu d’applications industrielles pour ce genre d’études. Par contre les outils de la recherche sont les mêmes que ceux de la discipline principale choisie (méthodes d’analyse en chimie par exemple), et rien n’empeche à priori une reconversion en cours de route.

En suivant ce lien, vous trouverez une liste de modules d’enseignements dans différentes universités qui concernent l’exobiologie.

Ici et , les portraits de deux jeunes doctorants en exobiologie qui racontent leur parcours.

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Publié le : février 18, 2014
Catégorie : Interdisciplinaire
Discussion : Pas de commentaires
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