Exobiologie et Astrobiologie

Home / Publications scientifiques / Origine de l’eau sur Terre : le retour des comètes !

Par Hervé Cottin, LISA/UPEC
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Depuis plusieurs dizaines d’années, la source des substances légères (volatiles) de la Terre est un sujet de débat au sein de la communauté scientifique. C’est notamment le cas pour l’, dont le rapport de deutérium à l’hydrogène (D / H) mesuré dans nos océans est de (1,558 ± 0,001) × 10-4.
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La similitude entre la composition globale de la Terre et celle des météorites comme les chondrites enstatites suggère une proto-Terre plutôt sèche lors de sa formation (accrétion), avec un apport ultérieur de composés volatils par impacts d’astéroïdes ou de comètes. Les mesures disponibles jusqu’à présent, dans six comètes ayant pour origine le nuage d’Oort, ont donné une moyenne D / H de (2,96 ± 0,25) × 10-4, soit environ deux fois la valeur des océans Terrestres. La valeur D / H dans les chondrites carbonées étant de  (1,4 ± 0,1) × 10-4, il en avait été conclu que les astéroïdes (qui sont les corps parents de la plupart des météorites) ont été la principale source de l’eau sur Terre, avec moins de 10 % pouvant être apportés par les comètes.
Dans une publication récente dans la revue Nature, des mesures du rapport D / H dans la comète 103P/Hartley sont présentées.  Il s’agit des toutes premières mesures pour une comète dite “de la famille de Jupiter”, originaire de la ceinture de Kuiper. Le rapport D / H est bien différent de celui mesuré dans les comètes originaires du Nuage d’Oort, puisqu’il est de (1,61 ± 0,24) × 10-4, et donc très proche de celui de l’eau terrestre. Ce résultat élargit donc considérablement les sources possibles d’eau sur Terre en rendant aux comètes un rôle qui avait été minimisé ces dernières années.
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Valeurs des rapports D/H dans différents objets du système solaire. La valeur des océans terrestres est présentée par le trait bleu, le carré vert est la valeur mesurée dans certaines météorites compatible avec la valeur terrestre. Les carrés oranges sont les valeurs mesurées jusqu'à présent dans des comètes du nuage d'Oort, incompatibles avec les valeurs terrestres. Tandis qu'en violet figure la toute dernière mesure dans la comète Hartley 2 qui est compatible avec les mesures terrestres. (c) Nature. Cliquez pour aggrandir.

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Pour en savoir plus :

Paul Hartogh, Dariusz C. Lis, Dominique Bockelée-Morvan, Miguel de Val-Borro, Nicolas Biver,Michael Küppers, Martin Emprechtinger, Edwin A. Bergin, Jacques Crovisier, Miriam Rengel,Raphael Moreno, Slawomira Szutowicz & Geoffrey A. Blake, Ocean-like water in the Jupiter-family comet 103P/Hartley 2, Nature (2011) doi:10.1038/nature10519 (lien)

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