Exobiologie et Astrobiologie

Home / Publications scientifiques / Réfutation de l’existence des bactéries à l’arsenic

En Décembre 2010, lors d’une conférence de presse organisée par la NASA à l’occasion d’un article paraissant dans la revue Science, il était question de réécrire tous les livres de biologie  : on venait, soit disant, de découvrir qu’une bactérie isolée à partir du lac Mono, en Californie (souche GFAJ-1), pouvait faire varier la composition élémentaire de ses biomolécules en remplaçant par l’arsenic (As) ses atomes de phosphore (P). Si elle avait été confirmée, cette découverte aurait montré que la combinaison hydrogène, carbone, azote, oxygène, soufre, et phosphore n’est pas la seule recette pour la vie et que la vie sur d’autres planètes et même sur la Terre pourrait avoir commencé avec d’autres éléments. Cette annonce avait généré un buzz sur internet peu commun pour les communications scientifiques, amplifié par le mystérieux communiqué de la NASA précédent la conférence de presse qui suggérait un bouleversement spectaculaire concernant la recherche de la vie ailleurs que sur la Terre. S’en suivi une controverse médiatique virulente où le débat scientifique s’effectua plus sur les blogs des chercheurs (voir par exemple ici ) et dans la presse grand public qu’au cours d’échanges scientifiques dans les congrès internationaux et les revues à comités de lecture.

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Le Lac Mono

Il y a un an, une série de notes réfutant cette découverte était déjà publiée dans science, il s’agissait principalement de critiques concernant la méthodologie employée et les conclusions exagérées tirées des mesures. Deux nouveaux articles sont publiés sur le site de la revue Science le 8 Juillet 2012. Cette fois ci, deux équipes de chercheurs ont mené de nouvelles séries d’analyse sur les bactéries de la souche GFAJ-1, et ont montré qu’indiscutablement les bactéries, bien que résistantes à des taux très élevés d’Arsenic, conservait une structure d’ADN classique, basée sur le phosphore.

Les titres sont sans appel de ces articles :

GFAJ-1 Is an Arsenate-Resistant, Phosphate-Dependent Organism (GFAJ-1 est un organisme resistant à l’arsenate, dépendant du phosphate) (pdf)

et

Absence of detectable arsenate in DNA from arsenate-grown GFAJ-1 cells (Absence d’arsenate détectable dans l’ADN de cellules de GFAJ-1 cultivée à l’arsenate). (pdf)

Les bactéries résistent à l’arsenic… mais ne l’aiment pas pour autant !

Loin de réécrire les bases fondamentales de moléculaire la bactérie GFAJ-1 n’a conduit qu’à une simple confirmation de quelque chose de déjà bien connu : la vie est parvenue (et parvient toujours) à s’adapter à des environnements extrêmes !

Début Décembre 2010, Purificación López-García, de l’Unité d’Ecologie, Systématique et Evolution à l’ Université Paris-Sud, publiait sur le site de la Société Française d’Exobiologie, un article qui remettait en cause cette annonce précipitée.

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