Exobiologie et Astrobiologie

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Dans la rubrique “Trajectoires en Exobiologie”, des étudiants en thèses, sur des thèmes liés à l’exobiologie, racontent leur parcours. Abdelkrim Toumi, doctorant au PIIM, répond cette semaine aux questions de la SFE.

Quelle est votre formation ?

Après avoir obtenu mon BAC S en Corse, j’ai choisi de faire une Licence option Physique-Chimie à l’Université de Provence (Marseille) car ce sont les matières qui me plaisaient le plus. Ensuite, j’ai enchaîné avec un Master 1 “Chimie-Physique” puis un Master 2 Recherche “Chimie Informatique, Spectrométrie et Analyse”. J’ai eu la chance de commencer ma thèse en octobre 2012 à la suite de mon stage de Master 2 (6 mois) dans le même laboratoire d’acceuil (PIIM, Aix-Marseille Université).

Abdelkrim Toumi, doctorant au PIIM

Abdelkrim Toumi, doctorant au PIIM

Pourquoi avez-vous choisi ce type d’études ?

Les sciences m’ont attiré depuis tout petit. Ce domaine nous permet encore d’être impressionné malgré les nombreuses récentes découvertes qui nous permettent d’appréhender chaque jour un peu plus le monde qui nous entoure. J’ai toujours été particulièrement intéressé par l’espace. Il y a une part de mystère qui peut laisser place à la curiosité et l’imagination et c’est à nous, scientifiques, de résoudre ces mystères.

Quel est votre sujet de thèse ? Où la faites vous ?

Mon sujet de thèse s’intitule “Etude des mécanismes réactionnels atmosphériques et au niveau de la surface de Titan et caractérisation des tholins: applications exobiologiques” et je travaille sous la direction des Dr Isabelle Couturier et Nathalie Piétri. On réalise au sein du laboratoire des simulations expérimentales dans le but de reproduire d’un point de vue photochimique ou thermique ce qui se passe dans l’atmosphère de Titan, le plus gros satellite de Saturne. J’effectue ma thèse au sein du laboratoire “Physique des Interactions Ioniques et Moléculaires” (PIIM) dans l’équipe “Spectrométries et Dynamique Moléculaire” (SDM) à Marseille. On s’intéresse à des composés de type “nitriles” que nous irradions avec une lampe. La lampe va fournir de l’énergie à la molécule qui va former d’autres composés et il s’agit pour nous de dire quels sont ces composés.

Image de Titan orbitant autour de Saturne prise par la sonde Cassini  (Crédits: NASA/JPL, CalTech/SSI)

Image de Titan orbitant autour de Saturne prise par la sonde Cassini
(Crédits: NASA/JPL, CalTech/SSI)

Quel est le lien de votre sujet avec l’exobiologie ?

Titan est considéré comme analogue à la Terre Primitive (on parle de la Terre avant que la vie n’y apparaisse) dans la mesure où c’est le seul satellite de système solaire à posséder une atmosphère dense principalement composé de diazote (à plus de 98%). On considère Titan comme un laboratoire naturel de la chimie prébiotique (qui a permis l’émergence de la vie sur Terre). Des missions spatiales (Voyager, Cassini-Huygens) ont étudié cet astre particulier et ont permis l’identification de composés comme le cyanoacétylène (HC3N) et l’acide cyanhydrique (HCN) au sein de l’atmosphère. Ces composés sont connus pour être des précurseurs des bases azotés, éléments indispensables à la formation d’acides aminés.

Pourquoi avez-vous souhaité faire une thèse ?

Le seul moyen de continuer à travailler dans ce qui me plaisait, c’était de faire de la recherche. C’est pour cette raison que j’ai souhaité faire une thèse.
Mes parents m’ont également toujours soutenu et poussé à poursuivre dans cette voie. L’aspect expérimental m’a également intéressé dans la mesure où c’est à nous de réfléchir et de planifier les expériences qui nous permettent d’avancer.

Mon meilleur souvenir et mon pire souvenir au laboratoire

Je vais commencer par mes pires souvenirs. Il y en a plusieurs…. Il faut savoir que quand on travaille dans le domaine expérimental, on est amené à utiliser des machines. Et il arrive souvent que ces dernières n’en font qu’à leur tête en fonction du “client” (moi en l’occurence :)). J’ai passé beaucoup de temps à essayer de réparer des machines, de trouver ce qu’il n’allait pas juste parce que des fois j’ai eu le malheur de rentrer dans la pièce (on me surnomme d’ailleurs “le chat noir”). Mais bon, ce sont les aléas de la thèse et l’important est de ne pas se laisser abattre. Mon meilleur souvenir…. je dirais que ce sont tous les bons moments partagés avec les membres de mon laboratoire. Mon laboratoire est vraiment un environnement agréable avec des gens sympas.

Et après ?

Sachant que j’attaque ma dernière année de thèse, je dois commencer à réfléchir à mon avenir. L’idéal pour moi serait de faire un post-doc à l’étranger, qui sont des contrats de travail de courte durée. A terme, je souhaiterais devenir enseignant-chercheur donc il me reste encore pas mal de chemin à parcourir.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un étudiant qui envisage de faire une thèse?

La thèse est un environnement particulier qui demande beaucoup de travail, de rigueur et d’implication. Et au début, c’est difficile pour tout le monde. Mais on a la chance de faire des travaux sur ce qui nous intéresse vraiment et cela devient un vrai plaisir de travailler dur lorsqu’on est bien encadré. Donc si un étudiant a envie de faire une thèse, il doit foncer. Je ne regrette pas du tout mon choix.

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