Exobiologie et Astrobiologie

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Dans la rubrique “Trajectoires en Exobiologie”, des étudiants en thèses, sur des thèmes liés à l’exobiologie, racontent leur parcours. Aurélien Saghaï, doctorant au laboratoire ESE, répond cette semaine aux questions de la SFE.

Quelle est votre formation ?

J’ai fait une licence de Biologie, plutôt orientée biologie moléculaire, puis un master de Microbiologie et d’Evolution à l’Université Paris-Sud. J’ai étudié un an à l’étranger (à Oslo, Norvège) lors de ma première année de Master grâce au programme ERASMUS et j’ai effectué mon stage de fin d’études à l’Université de Copenhague au Danemark. Parallèlement à la troisième année de licence et aux deux années de Master, j’ai aussi fait le Magistère de Biologie. C’est une formation qui propose des enseignements renforcés en biologie ainsi que des cours d’anglais scientifique et de communication qui sont absents du cursus traditionnel.

Aurélien Saghaï, doctorant au laboratoire ESE

Aurélien Saghaï, doctorant au laboratoire ESE

Pourquoi avez-vous choisi ce type d’études ?

Au lycée je n’avais pas d’idée précise sur ce que je voulais faire par la suite. J’ai choisi de suivre un cursus de Biologie à l’Université car j’étais intéressé par la Nature d’une manière générale. Mon intérêt pour les micro-organismes est en fait né au cours d’un stage en deuxième année de licence au cours duquel j’ai pu étudier divers étangs et lacs. J’y ai découvert un monde fascinant qui m’était jusque là totalement inconnu! Plus tard, je me suis intéressé à des questions touchant à l’Evolution et à l’Histoire de la vie. C’est un domaine dans lequel les micro-organismes sont des acteurs majeurs puisqu’ils ont été les seuls habitants de notre planète pendant quelques milliards d’années avant l’émergence des plantes et des animaux.

Quel est votre sujet de thèse ? Où la faites vous ?

Je suis actuellement en deuxième année de thèse au laboratoire d’Ecologie, Systématique et Evolution de l’Université Paris-Sud. Je suis dans une équipe qui travaille sur l’évolution et l’écologie des micro-organismes. De mon côté je m’intéresse aux communautés microbiennes qui vivent dans les microbialites, des “cailloux” formés sous l’influence de l’activité métabolique d’un grand nombre d’espèces de micro-organismes. Les microbialites sont des objets d’étude particulièrement intéressants car on les trouve en abondance dans le registre fossile. Ils regroupent plusieurs types de structures dont les plus connues sont les stromatolites. D’ailleurs le plus ancien fossile que l’on ait jamais trouvé, daté à environ 3.4 milliards d’années, est un stromatolite. Etudier les microbialites vivant actuellement est donc un moyen de comprendre comment s’organisait le vivant dans le passé, et ce sur une échelle de temps considérable. Dans mon travail, je m’efforce de comprendre quels sont les micro-organismes présents et quel peut être leur rôle dans la communauté d’un point de vue métabolique.

Photo du lac de cratère d'Alchichica (Mexique) où les microbialites sont particulièrement abondants (mission d'échantillonnage de mai 2014).

Photo du lac de cratère d’Alchichica (Mexique) où les microbialites sont particulièrement abondants (mission d’échantillonnage de mai 2014).

Quel est le lien de votre sujet avec l’exobiologie ?

L’exobiologie s’intéresse à la vie dans l’Univers et par extension à l’origine de la vie. Or, pour le moment, le seul exemple de vie que l’on connaisse est celui qui s’est développée ici, sur Terre. La vie commençant forcément sous forme microbienne, il est ainsi primordial d’étudier son évolution. Les biologistes essaient donc de découvrir les conditions limites de la vie (par l’étude des organismes extrémophiles) et de comprendre son évolution précoce – par l’intermédiaire des microbialites par exemple.

Pourquoi avez-vous souhaité faire une thèse ?

J’ai très rapidement décidé de faire une thèse dans le domaine de l’Evolution. La lecture des écrits de chercheurs comme Charles Darwin, Stephen J Gould et Richard Dawkins m’a beaucoup influencée. Je trouve qu’il est fascinant de voir à quel point la place du hasard est importante dans l’histoire de la vie. Je voulais avoir l’opportunité de contribuer aux connaissances dans ce domaine et très sincèrement je ne regrette pas!

Mon meilleur souvenir et mon pire souvenir au laboratoire

Mon “pire” souvenir remonte à un échantillonnage sur le terrain, dans la petite rivière qui passe sur le campus. Je devais récolter des sédiments avec mon maître de stage. J’avais donc avec de l’eau jusqu’aux genoux, embourbé dans le lit de la rivière. Après avoir passé l’échantillon à mon maître de stage, celui-ci commence à s’éloigner, me laissant coincé et sans moyen de m’en sortir! Heureusement, il a vite fait demi-tour et on en rigole aujourd’hui… Quant à mon meilleur souvenir, c’est sans doute le fait de venir tous les jours travailler dans un environnement très agréable au niveau social et très stimulant au niveau intellectuel!

Et après ?

Je pense que c’est une question que tous les doctorants se posent… J’aimerais poursuivre en post-doc, si possible dans un laboratoire à l’étranger pour découvrir une autre façon de faire de la recherche (en Scandinavie si possible). Quant à mes projets à plus long terme je n’ai rien décidé encore, j’ai encore le temps d’y réfléchir 🙂

Une réponse à “Trajectoire : Aurélien Saghaï”

  1. COUDROY Says:

    Félicitations
    Bises
    Joëlle

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