Exobiologie et Astrobiologie

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Dans la rubrique “Trajectoires en Exobiologie”, des étudiants en thèses, sur des thèmes liés à l’exobiologie, racontent leur parcours. Fernando Capalbo, doctorant au LISA, répond cette semaine aux questions de la SFE.

 

Fernando Capalbo, doctorant au LISA

Quelle est votre formation ?

Je suis physicien de formation universitaire, avec un double master en science et technologie spatiale.

Pourquoi avez-vous choisi ce type d’études ?

A la fin de mes études de 2eme cycle (en Argentine, à 18 ans approximativement) je me suis posé beaucoup de questions concernant la nature, l’environnement, l’homme, l’univers. Je n’ai pas trouvé de réponses “toutes faites” et je me suis dit que ca serait bien d’essayer par moi même. Je cherche une manière de mieux comprendre la nature et moi même par la même occasion.

Quel est votre sujet de thèse ? Où la faites vous ?

J’étudie l’atmosphère de Titan, le plus gros satellite naturel de Saturne. En parallèle je fais des études de laboratoire sur certaines molécules que l’on essaie d’identifier dans son atmosphère. Je fais ma recherche au Laboratoire Universitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA), à Créteil, en France.

Quel est le lien de votre sujet avec l’exobiologie ?

L’atmosphère de Titan est riche en molécules organiques (contenant l’atome de carbone). Ces molécules réagissent avec les rayonnements solaires et cosmiques et, à travers des processus chimiques et physiques, forment d’autres molécules de plus en plus grosses. Plusieurs de ces molécules, sous des conditions particulières peuvent faire partie de processus qui peuvent donner lieu a des structures plus complexes et, encore avec les conditions adéquates, des organismes vivants. L’étude de ces molécules basiques dans l’atmosphère de Titan est donc d’intérêt pour l’exobiologie.

Pourquoi avez-vous souhaité faire une thèse ?

C’est le parcours obligé pour faire de la recherche scientifique. Le standard international oblige à passer par un doctorat pour être considéré par la communauté scientifique. En plus, il y a aussi l’intérêt d’approfondir la connaissance sur un sujet particulier, et une thèse donne cette opportunité.

Meilleur souvenir et pire souvenir au laboratoire ?

Les expériences qui ne marchent pas, malgré des heures et des heures d’effort. Comme expérimentateur et modélisateur, j’ai en plus la frustration des codes de programmations que ne fonctionnent pas, et ça prend des jours pour trouver les ‘bugs’ entre les milliers de lignes de code. Pfffffffff!!!
Mais d’un autre coté, il y a la satisfaction d’exploiter des données mesurées, les interpréter et savoir ce qui se passe dans un endroit particulier de l’univers. Même à des millions de kilomètres, on peut voir comment la nature se comporte face à nous. On peut bien sûr expérimenter ces choses de plusieurs manières, à plusieurs niveaux, la science donne juste une possibilité de ‘lire la nature’ avec un alphabet assez compliqué et un point de vue élaboré, mais c’est le mieux que nous ayons aujourd’hui pour bien nous comprendre les uns aux autres et comparer nos résultats.

Et après ?

Continuer avec la recherche, contribuer a savoir plus sur la nature et particulièrement l’univers et les origines de la vie.

D’autres choses à ajouter ?

Oui ! J’aimerais savoir comment les résultats scientifiques sur des sujets comme l’exobiologie peuvent influencer la ‘vie de tous les jours’ et notre nature personnelle ? Par exemple, on peut se demander: Si nous et l’environnement sommes composé des mêmes atomes, venus d’une étoile, qui n’appartient à personne, pourquoi dois-je payer un loyer ? Est-ce que c’est naturel ?

Le fait de savoir plus de nous mêmes peut nous aider à mieux survivre. Supposant que les procédures scientifiques reliées a l’exobiologie peuvent nous donner une réponse (partielle) sur qui nous sommes et pourquoi : pourquoi ne sont-elles pas mieux prises en compte pour chercher des solutions à  nos problèmes politiques, sociaux, etc. ?

 

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