Exobiologie et Astrobiologie

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Dans la rubrique “Trajectoires en Exobiologie”, des étudiants en thèses, sur des thèmes liés à l’exobiologie, racontent leur parcours. Marie-Catherine Sforna, doctorante à l’IPGP, répond cette semaine aux questions de la SFE.

Marie-Catherine Sforna, doctorante à l’IPGP

 

Quelle est votre formation ?

Je suis avant tout une géologue et une géologue plutôt naturaliste, de terrain. J’ai eu mon bac S et je suis entrée à l’université Claude Bernard de Lyon où j’ai fait une licence de Géosciences Fondamentales avec pour objectif de m’orienter vers la recherche… Je suis ensuite allée à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand où j’ai fait un master en Processus Métamorphiques et Magmatiques – Volcanologie. J’ai enfin fait un second M2 à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) en et risques naturels. Depuis octobre 2010, je suis en thèse à l’IPGP sur “Les métaux comme traceurs de la vie primitive”.

Pourquoi avez-vous choisi ce type d’études ?

Je crois que j’ai choisi une filière scientifique car j’ai toujours été très curieuse du pourquoi des choses qui m’entouraient… et les sciences sont un excellent remède à ça ! Après, pourquoi les sciences de la terre… Je pense qu’il y a deux raisons à ça. Depuis toute petite je ramasse des “cailloux” car ils sont “jolis”. Au fil des années, j’en ai accumulé un certain poids au grand désespoir de ma famille qui ne sait pas trop quoi faire avec cette collection encombrante… Ensuite, ma prof de 4ème de SVT était une passionnée des volcans et elle a su nous faire partager sa passion et j’ai eu envie d’aller plus loin. Je suis rentrée dans le domaine des Sciences de la Terre par cette porte là et je l’ai explorée jusqu’à la fin de mes M2. J’ai eu l’occasion pendant le stage de mon deuxième M2 d’être dans un labo qui couplait à la fois la pétrologie (étude des roches) et l’étude de la vie primitive. ce qui m’a ouvert d’autres horizons…
C’est vrai que j’ai entrepris des études scientifiques par goût mais j’en suis arrivée à l’exobiologie par les rencontres que j’ai faites…

Quel est votre sujet de thèse ? Où la faites vous ?

Je fais ma thèse à l’Institut de Physique du Globe de Paris dans le laboratoire de Géobiosphère Actuelle et Primitive. La géobiosphère, c’est l’interaction entre le monde minéral “Géo” et le monde bactérien “Bio”. Dans ce labo, on s’intéresse aux interactions entre ces deux mondes à l’époque actuelle (altération des verres basaltiques par les bactéries, stockage du CO2, biosphère profonde…) mais aussi à l’Archéen (4-2.5Ga) (étude de la vie primitive, des environnements primitifs…).
Je m’intéresse plus particulièrement aux métaux comme traceurs de la vie primitives. En effet, les métaux sont utilisés par tous les organismes aussi bien en tant qu’élément structural dans les protéines (c’est à dire qu’ils permettent le maintien de la forme de la protéine) ou en temps que site actif des enzymes. En regardant comment ces métaux sont liés à la matière organique fossiles, on peut avoir une idée de quels organismes sont à l’origine de la matière organique que l’on observe…

 

Fragment du forage PDP1 dans la formation archéenne de Tumbiana (2.7 Ga) où l’on peut voir un niveau stromatolithique

Quel est le lien de votre sujet avec l’exobiologie ?

Développer des traceurs de la vie sur Terre peut être utile pour tracer la vie actuelle ou passée sur d’autres planètes… Si on admet que la vie est la même que la vie terrestre…

Pourquoi avez-vous souhaité faire une thèse ?

Je voulais faire une thèse car c’était la continuation logique de mon parcours vers le monde de la recherche. C’est un enrichissement permanent et une remise en question continuelle et j’avoue que ça alimente ma soif de connaissance et de compréhension…

Meilleur souvenir et pire souvenir au laboratoire ?

Mon pire souvenir ??? Peut-être est-ce quand la machine que j’utilise fait des caprices et que j’en viens à me dire qu’elle fait exprès quand je suis là de faire n’importe quoi… Cela peut être très frustrant quand vous passé une journée complète dans le noir et le froid et que la machine ne veut rien faire comme vous le souhaitez où qu’elle a acquis des données pendant 12h et que vous ne pouvez rien en faire car elle a planté au milieu…
Le meilleur lui est un peu lié au pire… Quand la machine fonctionne c’est génial… Ensuite, c’est aussi quand vous avez enfin fini de polir les 20 échantillons que vous voulez absolument analyser… .

Et après ?

Après ? Je voudrais faire un post-doc à l’étranger et trouver un poste de maître de Conférence. Car même si “chercher” prend beaucoup de temps, je trouve que transmettre aux autres ses connaissances est quelque chose d’essentiel dans nos domaines.

Marie-Catherine

Une réponse à “Trajectoire : Marie Catherine Sforna”

  1. Sforna Stéphane Says:

    Bravo ma fille je ne comprends pas tout mais ça a l’air d’être important. La soif de savoir te permettra d’avancer et c’est valable pour le reste aussi. Pour le post doc c’est où ?

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