Exobiologie et Astrobiologie

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Dans la rubrique “Trajectoires en Exobiologie”, des étudiants en thèses, sur des thèmes liés à l’exobiologie, racontent leur parcours. Thomas Gautier, doctorant au LATMOS, répond cette semaine aux questions de la SFE.

Thomas Gautier, doctorant au LATMOS (Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales)

Quelle est votre formation ?

Après un bac scientifique, je suis parti à l’Université de Versailles St Quentin (UVSQ) où j’ai fait une licence physique-chimie de l’environnement avec une forte composante chimie, puis un M1 en physique appliquée environnement. Au passage j’ai pris toutes les options en astronomie/astrophysique que j’ai pu.

Enfin j’ai fait le M2 du parcours planétologie d’Ile de France. Il s’agit d’un M2 mis en commun entre plusieurs universités d’île de France. On y étudie tout ce qui touche aux planètes (atmosphère, surface, intérieur, évolution) ainsi que les connaissances de base en astrophysique.

Pourquoi avez-vous choisi ce type d’études ?

Depuis tout petit, j’ai toujours été curieux avec une envie d’apprendre sur tout. Mais avant la seconde je ne me voyais pas forcément me lancer dans ces études là. Puis j’ai eu une professeur de Physique Chimie qui a su me montrer à quel point l’astronomie était un sujet d’étude passionnant. J’ai alors décidé de tenter une fac de physique, et là j’ai découvert la chimie, les sciences de l’atmosphère etc. C’est le mélange de tout cela qui rend l’exobiologie si intéressante à mes yeux, c’est vraiment un sujet d’étude pluri-disciplinaire et toute connaissance peut y être utile.

Quel est votre sujet de thèse ? Où la faites vous ?

Je fais ma thèse au LATMOS (Laboratoire Atmosphère Milieux Observations Spatiales, rattaché au CNRS et aux universités de Versailles St quentin et Paris VI) sous la direction de Nathalie Carrasco. Ma thèse porte sur la synthèse et l’étude en laboratoire de particules analogues aux aérosols de Titan à l’aide de l’expérience PAMPRE. En particulier je m’intéresse aux modes de formation de ces aérosols.

Les aérosols sont des particules solides que l’on trouve en suspension dans l’atmosphère de Titan. De la même manière que le « fog » que l’ont peut voir au dessus des grandes villes en été, ils sont crées par des réactions photochimiques (c’est à dire induite par les photons solaires) avec les molécules de l’atmosphère. Ce que j’essaye de comprendre, c’est comment passe-t-on d’un gaz à un solide par ces réactions.

L’expérience PAMPRE au LATMOS pour la synthèse d’équivalents d’aérosols de Titan (© CNRS Photothèque)

Quel est le lien de votre sujet avec l’exobiologie ?

Mon lien avec l’exobiologie, c’est Titan. Il s’agit d’un des corps du système solaire les plus intéressants d’un point de vue exobiologique. En effet son atmosphère dense d’azote et méthane n’est pas si éloigné de ce qu’a pu être la Terre il y a quelques milliards d’années (mise à part la température, -180°C à la surface de Titan, ça refroidit…). Et au final, les aérosols que j’étudie sont constitués d’azote, de carbone et d’hydrogène, ce n’est peut-être pas suffisant pour créer la vie, mais ça l’est pour avoir certaines de ses briques élémentaires…

Pourquoi avez-vous souhaité faire une thèse ?

Comme je l’ai dit plus haut, je suis curieux de tout, et j’ai en permanence soif de connaissance. Pour moi la continuation logique de cela c’est la recherche, et la première étape vers la recherche c’est la thèse. Sans oublier que faire une thèse, c’est aussi apporter sa pierre, aussi petite soit-elle, au mur de la connaissance.

Meilleur souvenir et pire souvenir au laboratoire ?

Alors mon meilleur souvenir… Et bien en fait c’est assez dur à trouver, pour moi beaucoup de moments que j’ai passé au laboratoire sont des bons souvenirs, entre la bonne ambiance entre collègues et thésards et un travail intéressant, je n’ai pas à me plaindre.
Bon pour le pire souvenir par contre j’en ai un très concret en tête. C’était mon premier jour de stage de M2 (que j’ai fait sur le même sujet que ma thèse). Pour le contexte, mon laboratoire devait déménager donc sur mes 4 mois de stage, je n’avais que les deux premières semaines pour obtenir des résultats. Et le premier jour de mesure, j’ai cassé le seul et unique instrument qui me permettait de faire mes mesures… Grand moment de solitude, mais au final tout est rentré dans l’ordre avec une réparation express et j’ai finalement eu mes mesures !

Et après ?

Déjà finir ma thèse ! Ça paraît simple comme ça mais vous verrez quand vous y serez 🙂
Sinon comme je l’ai dis, je souhaiterai continuer dans la recherche, et donc après ma thèse faire un ‘post-doc’ (une sorte de CDD pour chercheur) pourquoi pas dans un laboratoire étranger. Et pour finir essayer de trouver un poste de chercheur ou d’enseignant/chercheur, mais tout ça est encore loin.

Thomas

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