Exobiologie et Astrobiologie

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Dans la rubrique “Trajectoires en Exobiologie”, des étudiants en thèses, sur des thèmes liés à l’exobiologie, racontent leur parcours. Vassilissa Vinogradoff, doctorante au PIIM, répond cette semaine aux questions de la SFE.

Vassilissa Vinogradoff, doctorante au PIIM

Quelle est votre formation ?

Au lycée, la science m’intéressait déjà beaucoup et donc je me suis lancée dans un bas S, c’est à dire scientifique. C’est là que j’ai commencé à vraiment aimer la physique-, et plus particulièrement la . Ne voulant pas faire de prépa, je suis rentrée à la faculté dans le parcours physique-. 1 ans plus tard, je prenais la voie de la et 2 ans de plus m’ont permis d’avoir ma licence mention . Mais je n’ai pas arrêté là, car j’ai fait ensuite un master de organique et donc fini avec un master 2 mention organique et des molécules bioactives.

Pourquoi avez-vous choisi ce type d’études ?

Pourquoi la science ? Parce que pour moi, connaître comment fonctionne/marche le monde, connaitre l’être vivant, la nature, et tout ce qui nous entoure, se sont des points qui m’ont intéressée très jeune. Et puis un jour j’ai eu la chance d’aller à un observatoire d’, et depuis l’univers est devenu mon monde, lever la tête, observer l’univers, apprendre d’où on vient (même si les détails restent flous ..) et du coup les questions “pourquoi ?” abondaient.
Pourquoi le ciel est-il bleu ? par exemple, est-ce que vous vous l’êtes déjà demandé ? Eh bien parce que notre atmosphère est constituée en majorité de petites molécules (N2 et O2) qui vont dévier une partie de la lumière du Soleil (qui elle, est composée de toutes les couleurs de l’arc en ciel ! ). La “partie bleue” du rayonnement solaire va être plus fortement déviée que pour les autres couleurs, et donc, si l’on regarde le ciel, sans observer directement le Soleil, c’est cette couleur bleue qui a été déviée que l’on va voir. Ca s’appelle la “diffusion Rayleigh”.
Par la suite j’ai trouvé ma voie dans la chimie parce que j’aimais jouer avec les atomes, “c’est du légo” comme disait un de mes profs, et puis la chimie étant à la base de tout, il me semblais judicieux de commencer par le début de la pyramide, à savoir les atomes et molécules. Et puis j’ai eu de grande chance parce que ma thèse m’a permis de rapprocher les deux bouts, à savoir chimie et astronomie.

Quel est votre sujet de thèse ? Où la faites vous ?

Mon sujet de thèse consiste à étudier les molécules qui peuvent être crées dans ce que l’on appelle le milieu interstellaire. En fait, la plupart des atomes proviennent des étoiles. Dans celles-ci se passe un processus que l’on appelle fusion nucléaire qui permet de fusionner des atomes à partir du plus simple des atomes, l’hydrogène, H. (Lui même formé d’une autre manière mais là je remonte trop loin). On va alors aboutir à des atomes de plus en plus lourds (voir la classification des éléments de Mendeleïev).

C’est grâce à toutes les étoiles qui se sont formées, qui ont “vécu” et qui ont explosé qu’on a eu un enrichissement atomique dans l’univers. A partir de là, des molécules vont “naitre”. Dans l’univers et dans ce qu’on appelle le milieu interstellaire (entre les étoiles) il y a des conditions particulières (très basse température, basse pression …) qui vont régir les réactions chimiques (qui malgré tout se font) dans ce milieu.
C’est ce que j’étudie, on appelle ça la chimie interstellaire. Je prépare ma thèse à Marseille dans le laboratoire de physique des interactions ioniques et moléculaires, équipe Astrochimie.


Photo du dispositif pour réaliser des analogues de glaces interstellaires, avec des appareils d'analyses (spectromètre à gauche et à droite). Quasi au centre se trouve l'enceinte dans laquelle règnent de très basses températures et basses pressions et au milieu duquel (mais on ne le voit pas) se trouve un porte échantillon ou l'on crée notre mélange mimant la glace interstellaire. C'est également dans l'enceinte que la simulation d'un réchauffement d'une glace ou son irradiation se fera, par exemple. L'enceinte reste parfaitement fermée et étanche durant les expériences.

Quel est le lien de votre sujet avec l’exobiologie ?

L’exobiologie a pour but de déterminer les origines de la vie, à partir de connaissances relevant du domaine de la physique, de la biologie, ou de la chimie. Mon sujet d’étude sur les molécules du milieu interstellaire a pour but ultime (même si trois ans ça risque d’être court !), de déterminer si on peut former des molécules précurseurs des molécules du vivant, c’est à dire les acides aminés. Ces acides aminés ne sont rien d’autre que des molécules constituantes des protéines, et donc de tous êtres vivants. Donc en fait, pour ma part, je me situe au tout début de la chaine de la recherche sur l’origine de la vie, à savoir vient-elle de molécules apportées par le milieu interstellaire ? Autrement dit vient -elle des étoiles ? Mais toujours de manière chimique, or il ne faut pas confondre : ce ne sont pas les molécules qui sont vivantes, c’est une imbrication d’atomes et donc de molécules de manière particulière qui a donné la vie. Ce n’est pas la même chose.

Pourquoi avez-vous souhaité faire une thèse ?

En fait, en commençant mon cursus universitaire, je n’arrêtais pas de dire à mes parents : “je ne ferais jamais de thèse !”.  Et puis les années ont passé, j’ai continué mes études toujours plus loin parce que ça m’intéressait, parce que j’aimais ça, et j’ai fini par me dire : “pourquoi pas une thèse ?!!”.  Et me voilà, faisant ce dont j’avais toujours rêvé, un sujet passionnant (du moins pour moi) des rencontres toujours plus enrichissantes, et des questions qui commencent à avoir des réponses.

Meilleur souvenir et pire souvenir au laboratoire ?

Je n’ai que des bons souvenirs !!! Non vraiment, je n’ai pas de mauvais souvenir… Mais peut être que ça va venir avec la troisième année !! J’ai des chefs géniaux, et l’ambiance ne pourrait être meilleure ! D’ailleurs sur ce point, il faut bien choisir son laboratoire quand on veut faire une thèse, parce que 3 ans c’est long (quoique pour ma part ça passe trop vite ) et si il y a des tensions entres les chercheurs, les chefs et vous, ce n’est jamais agréable.

Et après ?

Le jour d’après, et bien pour l’instant les perspectives ne sont pas très claires.  Mais continuer dans la recherche ça c’est sûr, et dans le même domaine ce serait idéal.  Et puis enseigner également, pour partager le savoir et donner la passion de la science au maximum de personnes.

Vassilissa

Une réponse à “Trajectoire : Vassilissa Vinogradoff”

  1. Le HMT, un thermomètre pour les glaces interstellaires et cométaire ? | Société Française d'Exobiologie Says:

    […] scientifiques / Le HMT, un thermomètre pour les glaces interstellaires et cométaires ? Par Vassilissa Vinogradoff, doctorante […]

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